
Nagasaki
Nagasaki
Mémoire nucléaire, héritage portugais et néerlandais, panoramas du mont Inasa : Nagasaki concentre quatre siècles de métissage sur les rives de Kyushu.
Si vous aimez les villes au passé déroutant, nul autre endroit que Nagasaki ne saurait vous charmer au Japon. La cité portuaire se souviendra à jamais des raids nucléaires américains en 1945, tout comme elle garde un profond souvenir de la persécution des chrétiens. Heureusement, des lieux comme Shianbashi, le Chinatown ou le mont Inasa existent pour se détendre après un devoir de mémoire. Vous profitez alors du moment présent, des animations culturelles, de la cuisine internationale et des vues panoramiques, dans une ville désormais en paix.
Nagasaki en bref
| Pays | Japon, île de Kyushu |
| Pourquoi venir | Mémoire de la paix, héritage portuaire cosmopolite, cuisine fusion |
| Durée idéale | 2 à 3 jours |
| Meilleure saison | Mars-avril (cerisiers) et octobre-novembre (érables) |
| Incontournables | Parc de la paix, Dejima, mont Inasa, Glover Garden, Gunkanjima |
| Spécialité | Champon, sara udon, gâteau castella |
| Accès | Vol depuis Tokyo Haneda (2 h) ou train via Hakata (7 h) |
Histoire
Les Portugais fondèrent Nagasaki au sud de l'île de Kyushu au XVe siècle. La ville évolua en tant que port de commerce avec l'Europe et la Chine. Avec le développement des échanges culturels, les missionnaires catholiques s'installèrent sur l'archipel entre le XVe et le XVIe siècle. Des églises furent érigées et une partie de la population locale se convertit au catholicisme.
En 1614, le shogun Ieyasu Tokugawa accédant au pouvoir prohiba la religion chrétienne. Tout au long de la période Edo (1603-1868), le Japon restreignit ses relations avec l'étranger. Seuls les commerçants néerlandais établis sur l'île de Dejima purent poursuivre le commerce avec l'extérieur. Il fallut attendre l'ère Meiji pour que le pays se rouvre au monde. Les échanges avec l'Occident profitèrent à Nagasaki qui se dota de temples chinois et de sanctuaires confucéens, mais aussi de nombreuses résidences de style colonial.
Le bombardement nucléaire de 1945
Le 9 août 1945, à 11h02, la deuxième bombe atomique américaine, le Fat Man, explosa à Urakami, un faubourg situé dans les collines au nord de Nagasaki. Elle fit plus de 60 000 morts. Malgré le traumatisme, comme sa voisine Hiroshima, la ville se reconstruisit. Des monuments furent édifiés en guise de mémorial, les chantiers navals reprirent leur activité et les chrétiens élevèrent de nouvelles églises.
Nagasaki aujourd'hui
Nagasaki est aujourd'hui une ville-port active, à la fois centre universitaire et pôle industriel (construction navale, électronique). Vous y croisez une jeunesse étudiante, des descendants de familles chrétiennes cachées et une communauté chinoise enracinée depuis le XVIIe siècle. Cette mixité se lit dans les façades, les autels domestiques et la carte des restaurants.
La ville s'engage activement pour le désarmement nucléaire et accueille chaque année des délégations internationales. Côté festivités, le Nagasaki Kunchi (7-9 octobre) anime le sanctuaire Suwa de danses du dragon spectaculaires, héritage des marchands chinois. En février, le Festival des Lanternes embrase Chinatown de 15 000 lampions rouges pendant le Nouvel An lunaire.
Que faire à Nagasaki ?
Le parc de la paix
Le parc de la paix de Nagasaki, perché sur une colline au nord de l'hypocentre de l'explosion atomique, est un lieu chargé d'émotion. Il représente le souhait de la paix dans le monde. Sa statue, haute de 9,7 mètres et créée par un natif de la ville, symbolise le souhait de paix des citoyens de Nagasaki. La main droite, pointant vers le ciel, rappelle la menace nucléaire ; tandis que le bras gauche, tendu, exprime la paix. Les yeux sont légèrement fermés en signe de prière pour les âmes touchées par la bombe nucléaire. Chaque année, une cérémonie de commémoration y a lieu pour honorer les victimes du bombardement.
Le parc abrite également la Fontaine de la paix, érigée en mémoire d'une fillette qui cherchait désespérément de l'eau, et des monuments offerts par les nations du monde entier.
Le Musée de la bombe atomique
Le Musée de la bombe atomique de Nagasaki offre un récit poignant de l'explosion du 9 août 1945. En parcourant les expositions, vous découvrez l'évolution des armes nucléaires et le fervent espoir d'un monde sans armes destructrices. Les images de Nagasaki après le bombardement et celles d'aujourd'hui montrent la résilience et la force des habitants de cette ville.
Hypocenter Park
Hypocenter Park est situé à l'épicentre de l'explosion. Malgré les prédictions selon lesquelles aucune plante n'y pousserait pendant 75 ans, la nature a commencé à renaître juste un mois après la tragédie. Aujourd'hui, le parc abrite environ 500 cerisiers et une végétation luxuriante. Il est agréable à visiter en toutes saisons.
Le parc du mont Inasa
Le parc du mont Inasa, perché à 333 mètres dans le centre de Nagasaki, est un lieu prisé pour ses vues panoramiques et sa beauté naturelle. Le sommet, accessible par un téléphérique depuis le sanctuaire de Fuchi, possède un dôme circulaire en verre donnant une vue imprenable sur la ville. Le mont Unzen, la région d'Amakusa et la chaîne d'îles de Goto sont à portée de vue par temps clair.
Le parc est également célèbre pour ses azalées printanières. La combinaison de paysages pittoresques, de la ville animée et des vues sur le littoral en fait une étape incontournable pour apprécier la splendeur de Nagasaki, particulièrement à la tombée du jour.
Dejima
Dejima était une île artificielle construite près du port de Nagasaki. Elle servait de comptoir commercial exclusif pour les missionnaires portugais, puis pour les marchands néerlandais pendant l'ère Edo, lorsque le Japon était fermé au reste du monde. Aujourd'hui, Dejima n'est plus une île. Toutefois, elle reste un site touristique fascinant qui reconstitue l'ambiance de cette époque, avec des bâtiments historiques, des musées et des expositions sur le commerce international et les échanges culturels. Vous explorez les maisons restaurées, observez des artefacts de l'époque et apprenez les interactions entre le Japon et les puissances étrangères.
Glover Garden
Sur les hauteurs de la baie, Glover Garden rassemble les anciennes résidences des marchands occidentaux installés à Nagasaki après l'ère Meiji. La maison Glover, plus ancien bâtiment de style occidental encore debout au Japon, ouvre sur des jardins en terrasses fleuris d'azalées au printemps. Vous y suivez l'histoire de Thomas Glover, marchand écossais qui contribua à l'industrialisation du pays. La vue sur le port depuis les terrasses est l'une des plus belles de la ville.
Gunkanjima (île Hashima)
À une heure de bateau du port, l'île d'Hashima, surnommée Gunkanjima ("l'île cuirassée"), dresse sa silhouette industrielle hors de l'eau. Ancienne cité minière abandonnée en 1974, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Plusieurs compagnies organisent des excursions guidées avec accostage. Les bâtiments en béton désertés, sculptés par les typhons, racontent un siècle d'extraction du charbon sous-marin.
Shinchi Chinatown
Le Chinatown de Nagasaki, appelé Shinchi Chinatown, est l'un des plus anciens du Japon, établi au 19e siècle lorsque les échanges commerciaux avec la Chine ont commencé. Quatre portes monumentales encadrent un quadrillage de ruelles bordées de gargotes et d'épiceries. C'est ici que vous goûtez le champon dans sa version originale, ou le sara udon, nouilles croustillantes nappées de fruits de mer.
L'église catholique d'Oura
Construite en 1864, l'église catholique d'Oura figure parmi les premières églises catholiques japonaises à être érigée après l'interdiction du christianisme. Sa remarquable architecture européenne inclut un clocher gothique et de superbes vitraux. À l'intérieur, des œuvres d'art sacrées et des fresques peintes à la main accueillent les visiteurs. Le site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2018, au sein des sites chrétiens cachés de la région.
Sanctuaire Suwa
Au sommet d'un long escalier en pierre, le sanctuaire Suwa veille sur la ville depuis 1625. C'est ici que se déroule le festival Kunchi, mêlant influences shinto, chinoises et néerlandaises. Hors période de festival, le lieu est paisible, ombragé de cèdres centenaires, parfait pour une pause après la visite du musée de la bombe atomique situé à proximité.
Shianbashi
Le quartier de Shianbashi, dans le centre-ville, est connu pour ses ruelles étroites bordées de restaurants traditionnels, de bars chaleureux et de maisons de thé historiques. L'atmosphère y est à la fois authentique et animée, surtout le soir, quand les lanternes illuminent les rues. C'est un endroit parfait pour déguster les spécialités locales : poissons frais, ramen de Nagasaki et castella, ce gâteau éponge hérité des Portugais.
Quand partir à Nagasaki ?
Nagasaki connaît un hiver assez doux, avec des températures moyennes allant de 4 à 13 °C et peu de vent. Au printemps, quand les cerisiers fleurissent vers fin mars-début avril, les vues sont sublimes. Le temps se réchauffe peu à peu, culminant autour de 20 °C au courant du mois d'avril. En été, la chaleur devient pesante, entre 24 et 32 °C, et il pleut beaucoup, surtout en juin et juillet. Le climat se calme au cours du mois de septembre, au début de l'automne. En novembre, les teintes flamboyantes dominent le paysage.
La meilleure période court de fin mars à mi-avril pour les cerisiers, ou d'octobre à novembre pour les érables et le festival Kunchi. Évitez juin-juillet (saison des pluies) et août (chaleur humide, sauf si vous tenez à assister à la cérémonie du 9 août).
Comment s'y rendre et circuler
Partant de l'aéroport Tokyo Haneda, un vol vers Nagasaki prend environ deux heures. Si vous voyagez en train, le trajet depuis la gare de Tokyo jusqu'à la gare de Nagasaki, avec un transfert à la gare de Hakata dans la ville de Fukuoka, dure 7 h.
Depuis Osaka, vous trouverez également des avions pour Nagasaki à l'aéroport Osaka Kansai International. Comptez 1h10 de trajet. En train, il faut à peu près 4h30 pour relier la gare de Shin-Osaka et la gare de Nagasaki, avec un transfert à la gare de Hakata à Fukuoka.
Sur place, le tramway est la solution la plus pratique pour circuler dans le centre urbain. Avec un pass à la journée (disponible auprès des gares et des stations), vous utilisez librement les différentes lignes. Prévoyez deux jours au minimum pour couvrir les attractions de Nagasaki et ses environs proches.
Où dormir à Nagasaki
L'offre d'hébergement couvre tous les budgets, avec une concentration autour de la gare JR et du quartier de Shianbashi.
- Guesthouse et auberge japonaise (15-30 €) : dortoirs ou petites chambres dans des machiya rénovées près du port. Idéal pour les voyageurs solo et les courts séjours.
- Boutique-hôtel (60-120 €) : adresses au design contemporain en bord de tramway, avec onsen privatif sur le toit pour certains. Bon compromis confort/prix.
- Lodge haut-de-gamme (150 € et plus) : ryokan traditionnel à Inasa avec vue sur la baie, ou hôtel international face au port. Petit-déjeuner kaiseki et bains chauds inclus.
Notre expert local de l'agence vous oriente vers l'adresse adaptée à votre itinéraire et à vos envies.
Conseils insider
- Mangez le champon à la source : le restaurant Shikairou de Chinatown revendique l'invention du plat en 1899. La carte y est multilingue et les portions généreuses.
- Prenez le téléphérique du mont Inasa au coucher du soleil : la vue passe en quelques minutes du doré au scintillement nocturne, classée parmi les trois plus belles du Japon.
- Réservez Gunkanjima la veille : les départs sont annulés par mer agitée. Choisissez une compagnie qui débarque réellement sur l'île plutôt qu'une simple croisière de contour.
- Achetez le pass tramway 1 jour (600 ¥) dès la première montée : trois trajets le rentabilisent et il s'utilise sans contact.
- Visitez le Musée de la bombe atomique avant l'Hypocenter Park : la séquence émotionnelle prend tout son sens dans ce sens-là.
- Goûtez le castella chez Fukusaya, fondé en 1624 : le gâteau se conserve plusieurs jours, parfait pour ramener.
Nagasaki, c'est pour qui ?
- Voyageurs mémoire et histoire : la ville offre un parcours dense et nuancé sur le siècle nucléaire et les chrétiens cachés.
- Amateurs de cuisine fusion : champon, sara udon, castella, plats sino-japonais témoignent de quatre siècles de métissage culinaire.
- Photographes urbains : panoramas du mont Inasa, ruines de Gunkanjima, lanternes de Chinatown.
- Voyageurs en boucle Kyushu : étape naturelle entre Fukuoka, Kumamoto et les onsen d'Unzen.
- À éviter pour : qui cherche un Japon "carte postale" balnéaire ou des nuits festives très longues — Nagasaki se vit en journée et en début de soirée.
À découvrir aussi
- Le Kyushu : la grande île volcanique du sud, dont Nagasaki est l'un des joyaux portuaires.
- Hiroshima : ville sœur de la mémoire nucléaire, à coupler dans un itinéraire "paix".
- Fukuoka : porte d'entrée de Kyushu, capitale du ramen tonkotsu.
- Le mont Inasa : zoom sur l'un des plus beaux panoramas de la ville.
- L'île de Dejima : plongée dans le comptoir néerlandais des XVIIe-XIXe siècles.
Questions fréquentes
Deux jours suffisent pour les incontournables (parc de la paix, Dejima, mont Inasa, Chinatown). Comptez trois jours si vous ajoutez Gunkanjima et une journée détente à Glover Garden et Oura.
Fin mars à mi-avril pour les cerisiers, et octobre-novembre pour les érables et le festival Kunchi. Évitez juin-juillet (saison des pluies) et le pic estival d'août, très humide.
En avion depuis Haneda, comptez 2 h de vol. En train, le trajet via le Shinkansen jusqu'à Hakata puis correspondance prend environ 7 h. Le JR Pass couvre l'ensemble du trajet ferroviaire.
Le champon (nouilles épaisses au bouillon laiteux), le sara udon (nouilles croustillantes), et le castella, gâteau éponge introduit par les Portugais au XVIe siècle. Tous se trouvent à Chinatown ou Shianbashi.
Oui, plusieurs compagnies organisent des excursions de 3 h depuis le port de Nagasaki, avec accostage si la mer le permet. Réservez la veille et privilégiez les opérateurs autorisés à débarquer.
Oui, c'est le moyen le plus simple. Quatre lignes desservent la quasi-totalité des sites touristiques. Le pass à la journée (600 ¥) est rapidement rentabilisé.
Attractions à Nagasaki

La cathédrale d'Urakami
À Nagasaki, la cathédrale d'Urakami raconte 250 ans de Chrétiens cachés, le bombardement atomique de 1945 et la reconstruction d'une communauté catholique japonaise.

Ile de Dejima
Comptoir hollandais aménagé en 1636 à Nagasaki, Dejima fut l'unique fenêtre du Japon sur l'Occident pendant la période du Sakoku. Visite d'un site restauré.

Mont Inasa
À 333 m au-dessus de Nagasaki, le mont Inasa offre un panorama à 360° et l'une des trois plus belles vues nocturnes du monde, classée en 2012.

Urakami
Au nord de Nagasaki, Urakami concentre deux mémoires : celle des chrétiens cachés persécutés de 1614 à 1873, et celle du Ground Zero du 9 août 1945.
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