
Ile de Dejima
Ile de Dejima
Comptoir hollandais aménagé en 1636 à Nagasaki, Dejima fut l'unique fenêtre du Japon sur l'Occident pendant la période du Sakoku. Visite d'un site restauré.
L'île de Dejima, dont le nom signifie littéralement « île de sortie », est une île artificielle aménagée en 1636 au large du port de Nagasaki. Pendant plus de deux siècles, ce petit comptoir en éventail a constitué l'unique fenêtre du Japon sur le monde occidental. Restaurée depuis les années 1990, Dejima se visite aujourd'hui comme un musée de plein air où coexistent architecture japonaise et mobilier européen.
Pourquoi visiter Dejima
Dejima est l'un des rares lieux au Japon qui raconte concrètement la période du Sakoku, ces deux siècles de fermeture du pays sous l'époque Edo. À travers une vingtaine de bâtiments reconstruits et un parcours muséographique dense, vous comprenez comment la médecine, l'astronomie ou l'horlogerie occidentales sont entrées au Japon par cette unique brèche. Le site intéresse autant les passionnés d'histoire que les visiteurs curieux d'architecture, avec ses façades hollandaises blanches et brunes posées sur des sols en tatamis.
La visite reste compacte : Dejima ne compte qu'une rue principale et se parcourt en demi-journée. Elle se combine facilement avec les autres sites de Nagasaki, ce qui en fait une étape logique d'un itinéraire à Kyushu.
Une île construite pour contenir l'étranger
L'île est construite en 1636 par le shogun Tokugawa, après la prohibition du christianisme, afin de tenir à l'écart les commerçants chrétiens portugais. Quelques années plus tard, ce sont les Néerlandais de la Compagnie des Indes orientales qui s'y installent et y fondent le premier port de commerce international du Japon.
Pendant toute la durée du Sakoku, Dejima reste le seul point d'intersection du pays avec l'étranger. Les marchandises, les livres et les savoirs occidentaux y transitent au compte-gouttes. Cet ensemble de connaissances – horlogerie, télescopes, montgolfières, vitraux, médecine – est désigné sous le nom de Rangaku, l'« apprentissage néerlandais ».
Plusieurs scientifiques européens y ont séjourné et contribué à diffuser ces savoirs :
- Engelbert Kaempfer (1651-1716), médecin allemand
- Carl Peter Thunberg (1723-1828), naturaliste suédois
- Isaac Titsingh (1745-1812), chirurgien néerlandais
- Philipp Franz von Siebold (1796-1866), médecin bavarois
L'île perd son rôle de comptoir avec l'ouverture du Japon au milieu du XIXe siècle, puis se trouve progressivement absorbée par les terres-pleins du port. La restauration patrimoniale lancée à la fin du XXe siècle a permis de retrouver le tracé d'origine et de reconstruire ses principaux bâtiments.
Que voir sur place
La demeure du chef facteur
C'est le bâtiment le plus emblématique du site. La résidence du chef des comptoirs hollandais accueillait les réunions et les banquets des marchands. Sa façade blanche et brune est ponctuée de deux escaliers turquoise. À l'intérieur, le mobilier de style européen repose sur des sols en tatamis, illustration concrète du métissage culturel propre à Dejima.
Le First Ship Captain's Quarters
Cette ancienne résidence des capitaines et officiers des navires marchands néerlandais expose un mobilier d'époque importé de Hollande et d'Indonésie, témoin des routes commerciales qui reliaient l'Europe à l'Asie via Batavia.
Le séminaire protestant
Premier séminaire protestant fondé au Japon (1877), ce bâtiment en bois de deux étages sert aujourd'hui de centre d'exposition. Modèles, plans et graphiques retracent la création, la fonction et la transformation de Dejima jusqu'à l'ouverture du pays.
Les expositions archéologiques
Le bâtiment annexe rassemble les trouvailles archéologiques exhumées sur place : vaisselle, livres traduits, pots, armes à feu. L'assortiment de manufactures orientales et européennes illustre l'intensité des échanges entre Hollandais et habitants de Nagasaki. Un ancien entrepôt de pierre, reconverti en centre d'information, abrite également une salle de projection consacrée à l'histoire du site.
Le pont Omotemon et le quai
Inauguré en 2017, le pont Omotemon constitue l'entrée principale et reproduit l'accès historique à l'île. Il est illuminé en soirée. Depuis le centre, vous rejoignez le quai à pied : la jetée offre une vue dégagée sur le port. L'ancien club international de Nagasaki, reconverti en restaurant, propose une spécialité locale, le riz Toruko – riz pilaf, escalope de porc et spaghettis napolitains nappés de sauce demi-glace.
Le festival annuel d'Oranje, fin avril, célèbre le lien historique avec les Pays-Bas et anime l'île de concerts et de défilés ; c'est un bon moment pour prolonger la visite.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1h30 à 3h selon votre intérêt pour les expositions.
- Horaires : ouvert toute l'année, généralement de 8h à 21h, avec une fermeture plus tôt en haute saison estivale. Vérifiez les horaires en cours sur place.
- Tarif : entrée payante, tarif modéré, réductions pour étudiants.
- Audioguides : disponibles en plusieurs langues, dont l'anglais.
- Accessibilité : site essentiellement de plain-pied, quelques escaliers dans les bâtiments historiques.
Comment se rendre à Dejima
Dejima se trouve en plein centre de Nagasaki, à environ 15 minutes à pied depuis la gare JR de Nagasaki. La ligne bleue du tramway dessert directement le site (arrêt « Dejima »). Depuis le port et la zone touristique de Dejima Wharf, l'accès se fait également à pied en quelques minutes.
À voir aux alentours
Nagasaki conserve la mémoire de la persécution des chrétiens à la fin du XVIe siècle et des bombardements de 1945, ce qui se reflète dans ses musées et monuments. Au-delà de ces lieux de mémoire, plusieurs sites complètent une visite de Dejima :
- Le mont Inasa, à l'ouest de la ville, offre l'une des plus belles vues nocturnes du Japon.
- Le Chinatown (Shinchi) et le quartier de Shianbashi concentrent restaurants et vie nocturne.
- L'Aquarium de Nagasaki et ses manchots, accessible en bus.
- La région d'Unzen, à l'est, propose des randonnées volcaniques et des onsens.
FAQ
Questions fréquentes
Une visite complète des bâtiments et des expositions prend en général entre 1h30 et 3h. Si vous assistez à des concerts ou au festival d'Oranje fin avril, prévoyez une demi-journée.
À l'origine oui : il s'agit d'une île artificielle créée en 1636 au large du port de Nagasaki. Avec l'extension du port aux XIXe et XXe siècles, elle a été progressivement rattachée aux terres-pleins. Le site restauré reprend son tracé historique en éventail.
Pendant la période du Sakoku (XVIIe-XIXe siècles), Dejima a été le seul point de contact entre le Japon et l'Occident. Les savoirs scientifiques et techniques européens, regroupés sous le nom de Rangaku, y sont entrés via les marchands néerlandais.
Le site est à environ 15 minutes à pied de la gare JR. La ligne bleue du tramway dessert également l'arrêt « Dejima » en quelques minutes.
Plusieurs boutiques du quartier proposent la location de kimonos à la journée, une option appréciée pour les photos dans les bâtiments historiques.
Inclure Dejima dans votre voyage
Dejima s'intègre naturellement dans un circuit dans le sud du Japon, entre Nagasaki, Kyushu et les régions volcaniques voisines. Pour construire un itinéraire sur mesure incluant cette étape historique, consultez nos voyages au Japon.
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