Le Shogunat ou Bakufu

Le Shogunat ou Bakufu

Le Shogunat ou Bakufu

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Culture & patrimoineHistoireBouddhisme4 min de lecture

Pendant près de sept siècles, le shogunat ou Bakufu a gouverné le Japon. Histoire, sites à visiter et conseils pour suivre les traces des shoguns.

Le shogunat, ou Bakufu en japonais, désigne le système de gouvernement militaire qui a dominé le Japon durant près de sept siècles, de la fin du XIIe siècle à 1868. Le terme se compose de « sho » (commandant) et « gun » (armée). Trois shogunats successifs — Kamakura, Ashikaga et Tokugawa — ont façonné l'organisation politique, sociale et culturelle du pays, reléguant l'empereur à un rôle cérémoniel tandis que les shoguns détenaient le pouvoir réel.

Pourquoi s'intéresser au shogunat lors d'un voyage au Japon

Comprendre le shogunat, c'est saisir la trame qui relie de nombreux sites touristiques majeurs du Japon : temples zen de Kamakura, pavillons de Kyoto, châteaux fortifiés, anciennes routes de poste. Trois villes concentrent l'essentiel de cet héritage : Kamakura, première capitale shogunale, Kyoto, où les Ashikaga s'établirent à proximité de la cour impériale, et Edo (l'actuelle Tokyo), siège du pouvoir Tokugawa pendant deux siècles et demi.

Selon la tradition, les empereurs du Japon proviennent d'une même lignée depuis plus de 2 500 ans. Pourtant, durant le dernier millénaire, le pouvoir effectif a souvent été exercé par la classe militaire. Cette dualité entre légitimité impériale et autorité shogunale est une clé de lecture précieuse pour visiter les sites historiques japonais.

Histoire des shogunats du Japon

Origine du titre de shogun

À l'origine, le shogun était un général chargé de la conquête et de la pacification de la région du Tohoku, alors occupée par les autochtones Emishi. Le titre complet, « Seii taishôgun », se traduit par « grand général pacificateur des barbares ». Sakanoue Tamuramaro fut le plus connu d'entre eux ; on lui attribue également la fondation du temple Kiyomizu-dera à Kyoto. Une fois la pacification du Tohoku achevée, le titre tomba en désuétude. Il refit surface aux XIe et XIIe siècles, lorsque les samouraïs s'imposèrent comme la force dominante du pays.

Le shogunat de Kamakura (1192-1333)

En 1185, après la victoire du clan Minamoto sur les Taira lors de la guerre civile, Minamoto no Yoritomo (1147-1199) installe le siège de son gouvernement à Kamakura et fonde, en 1192, le premier gouvernement militaire du Japon. C'est le début de la longue histoire féodale du pays et de l'ascension durable des samouraïs. À la même époque, le moine Eisai introduit au Japon le bouddhisme zen de la secte Rinzai, dont l'influence imprègne encore l'architecture et les jardins de Kamakura.

Le shogunat des Ashikaga (1336-1573)

Fondé par Ashikaga Takauji, ce deuxième shogunat établit son siège dans le quartier de Muromachi, à Kyoto. La proximité avec la cour impériale n'a pas renforcé son autorité : les daimyos, seigneurs provinciaux, dirigeaient des territoires largement autonomes, ce qui a affaibli le pouvoir central et ouvert la voie aux guerres de l'époque Sengoku.

Le shogunat Tokugawa (1603-1868)

Tokugawa Ieyasu fonde le troisième et dernier shogunat en 1603. Pendant 265 ans, le pays connaît une longue période de stabilité sous une administration centralisée et fermée à l'étranger. Edo (renommée Tokyo en 1868) sert de capitale shogunale et politique, tandis que Kyoto reste la capitale impériale. Le shogunat prend fin avec la Restauration Meiji de 1868, qui rétablit le pouvoir effectif de l'empereur dans un contexte d'ouverture forcée du Japon aux puissances occidentales.

Que voir sur les traces des shoguns

Kamakura, berceau du premier shogunat

La ville compte 65 temples bouddhiques, principalement concentrés au nord. Les amateurs d'histoire shogunale et de zen se concentreront sur les cinq grands temples zen gozan :

  • Kenchô-ji, fondé en 1253, le plus ancien temple zen Rinzai du Japon
  • Engaku-ji, important centre de méditation
  • Jôchi-ji
  • Jufuku-ji
  • Jômyô-ji

Le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu, symbole du clan Minamoto, complète logiquement la visite. Pour prolonger l'exploration des grands temples japonais, le Temple Nanzen-ji à Kyoto offre un point de comparaison intéressant avec l'architecture zen de Kamakura.

Kyoto, capitale impériale et siège des Ashikaga

Kyoto conserve un patrimoine bâti exceptionnellement dense lié à la période Muromachi et au-delà : pavillons, jardins secs, quartiers anciens. La ville se prête à plusieurs jours de visite. Une excursion à proximité, vers le Mont Arashiyama, permet d'aborder un autre versant du paysage culturel japonais, mêlant temples et nature.

Tokyo et l'héritage Tokugawa

L'ancienne Edo a été profondément transformée, mais des traces du pouvoir Tokugawa subsistent : douves et jardins de l'ancien château (aujourd'hui résidence impériale), sanctuaires shogunaux, quartiers historiques. Pour compléter l'itinéraire avec un château resté quasi intact, le Château de Himeji illustre l'architecture militaire de l'époque féodale.

Informations pratiques

Accès à Kamakura

La ligne JR Yokosuka relie Tokyo à Kamakura en moins d'une heure. Depuis la gare, la plupart des sites principaux sont accessibles à pied. Pour les attractions plus éloignées, le réseau ferroviaire et le monorail locaux desservent l'ensemble de la ville. Comptez une journée complète pour un premier aperçu, deux jours pour approfondir les temples zen.

Accès à Kyoto

Kyoto est reliée aux principales villes japonaises par le Shinkansen. En avion, deux aéroports dans la préfecture d'Osaka assurent la desserte : Kansai (international) et Itami (essentiellement domestique). Prévoir au moins trois jours sur place pour couvrir les grands sites liés à l'époque shogunale.

Accès à Tokyo

Les aéroports Haneda et Narita connectent Tokyo aux principales destinations européennes et mondiales. Le centre-ville s'atteint en train, monorail (depuis Haneda), bus ou navettes limousine.

Quand visiter

Les sites liés au shogunat se visitent toute l'année. Le printemps (floraison des cerisiers, fin mars à mi-avril) et l'automne (érables rouges, novembre) sont les saisons les plus prisées, avec une affluence importante à Kamakura et Kyoto. L'hiver, plus calme, met en valeur la sobriété des temples zen. L'été est chaud et humide.

Questions fréquentes sur le shogunat

?

Questions fréquentes

L'empereur incarne la légitimité dynastique et religieuse ; selon la tradition, sa lignée se transmet sans rupture depuis plus de 2 500 ans. Le shogun, lui, exerçait le pouvoir politique et militaire effectif. Durant les périodes de shogunat, l'empereur conservait un rôle cérémoniel à Kyoto pendant que le shogun gouvernait depuis Kamakura, Muromachi puis Edo.

Trois shogunats se sont succédé : Kamakura (1192-1333), Ashikaga ou Muromachi (1336-1573) et Tokugawa ou Edo (1603-1868), soit près de sept siècles de gouvernement militaire au total.

Le shogunat Tokugawa s'est achevé en 1868 avec la Restauration Meiji, qui a rendu le pouvoir effectif à l'empereur. Cet événement résulte d'un faisceau de causes : crises internes, pression diplomatique et militaire des puissances occidentales, et opposition de plusieurs domaines provinciaux au gouvernement d'Edo.

Un itinéraire combinant Kamakura, Kyoto et Tokyo couvre les trois shogunats successifs. Kamakura pour les origines, Kyoto pour la période Ashikaga et la cohabitation avec la cour impériale, Tokyo pour l'ère Tokugawa et la transition vers le Japon moderne.

Oui. Le bouddhisme zen Rinzai, introduit par le moine Eisai à l'époque de Kamakura, a été activement soutenu par la classe des samouraïs et les shoguns successifs. C'est ce qui explique la concentration de temples zen dans les anciennes capitales shogunales, en particulier à Kamakura et à Kyoto.

Prolonger le voyage

Suivre les traces des shoguns est l'un des fils conducteurs les plus riches pour structurer un séjour au Japon. Pour préparer un itinéraire combinant Kamakura, Kyoto et Tokyo, consultez nos voyages au Japon sur mesure.

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