Temple Engyo-ji

Les amateurs de samouraï connaissent bien Himeji et son majestueux château, auquel leur circuit se limite d’habitude. Pourtant, il y a tant d’autres attractions dignes d’intérêt, et en particulier Engyo-ji sur le mont Shosha, à la périphérie de la ville. Célèbre depuis bien des siècles en tant que retraite spirituelle, le temple bouddhiste s’est aussi fait connaître dans le monde du cinéma en servant de lieu de tournage du film « The Last Samurai » avec Tom Cruise, et du drama « Musashi » qui retrace l’histoire du grand épéiste Miyamoto Musashi.

Histoire

La création du temple Engyo-ji, comme c’est souvent le cas au Japon, repose sur une légende. L’histoire remonte à plus de 1000 ans. Le moine bouddhiste Shoku, lorsqu’il se retira au mont Shosha à l’âge de 57 ans, vécut une apparition du bodhisattva de la sagesse, Monju. Le dieu lui fit savoir que quiconque escaladerait la montagne verrait son corps et son esprit purifiés. Pour honorer Monju, Shoku sculpta une représentation de Nyoirin Kannon sur un arbre sakura et érigea une grande salle de prière (aujourd’hui connue sous le nom de  « Maniden »). Il ouvrit officiellement le temple en 960.

La rumeur se propagea rapidement dans la région et bien au-delà. De nombreuses personnes issues de toutes les classes sociales, riches ou pauvres, se ruèrent au mont Shosha. Parmi les visiteurs se trouvaient les empereurs Kazan et Godaigo. Engyo-ji devint le principal centre de formation monastique dans la zone Ouest du Kansai et le 27ème site parmi les trente-trois temples du pèlerinage de Saigoku Kannon, consacré à la déesse de la miséricorde Kannon.

Cependant, Engyo-ji eut aussi ses heures noires. Des incendies le ravagèrent maintes fois (au XIVe siècle, en 1898 et en 1921). Quelques bâtiments survécurent : une pagode datant de 1184, le Daikodo qui servait de salle de conférence, le clocher du XIVe siècle et le Kongodo du XVIe siècle. En plus des incendies, le temple fut probablement victime d’un pillage lorsque Hideyoshi instaura son camp principal dans l’enceinte durant la bataille contre le clan Morii dans la région de Chugoku. Quoiqu’il en soit, Engyo s’est reconstruit et reste aujourd’hui une destination importante de pèlerinage pour les bouddhistes.

Découvrir le temple Engyo-ji

Engyo-ji est accessible en téléphérique mais si l’envie vous prend de faire une petite randonnée, vous pouvez très bien arpenter la montagne à pied. Cela vous donnera le temps de vous imprégner de l’atmosphère zen et mystique du mont Shosha. Si vous choisissez le téléphérique, arrivé à l’arrêt, vous aurez à faire une marche de 15 min environ, en empruntant le sentier jalonné de 33 sculptures de Kannon, pour parvenir à l’impressionnante porte Nio-mon. De là débute une autre promenade d’un quart d’heure jusqu’à l’édifice principal, le Maniden.

Le Maniden est une belle construction en bois sur pilotis, qui fut incendié en 1921, puis restauré en 1933. Une statue de Nyoirin Kannon taillée dans le bois de cerisier est soigneusement conservée à l’intérieur. Classé Bien culturel important du Japon, le monument est présenté au public qu’à de rares occasions, entre autres le 18 janvier.

À quelques pas du Maniden, trois autres bâtiments en bois ont tout aussi une grande importance historique, culturelle et religieuse. Le Daikodo accueillait les grandes réunions. Le Jikido, qui faisait auparavant office de salle à manger, est aujourd’hui utilisé comme un lieu de conservation des trésors du temple. Le Jogyodo où se tenait les séances de méditations et la formation des moines abrite la statue du bouddha Amida qui est, elle aussi, catégorisée « Bien culturel ».

Au total, huit structures parmi la vingtaine de bâtiments composant le complexe Engyo-ji sont inscrites en tant que Biens culturels importants du Japon. Les édifices sont éparpillés dans les forêts primitives du mont Shosha, ce qui souligne leur charme. Le printemps et l’automne sont des périodes particulièrement attrayantes pour visiter Engyo-ji : le printemps se traduit par la floraison des sakura, tandis qu’en automne les feuilles d’érables et des autres arbres recouvrent le paysage de belles teintes flamboyantes.

Partagez le quotidien des moines

Si vous souhaitez expérimenter la vie monastique pendant quelques jours, Engyo-ji propose le shukubo ou l’hébergement au sein du temple. Profitez des bienfaits de la méditation zen dans le cadre paisible et idyllique de la salle Jogyodo. Apprenez à améliorer votre concentration en pratiquant la calligraphie avec un moine bouddhiste au sein du Cho-do. Assistez à des démonstrations de maniement de l’épée dans la cour. Le soir, vous aurez le privilège de déguster un dîner traditionnel et végétarien bouddhiste appelé Shonin Ryori, avant de rejoindre votre couchage dans l’une des salles du complexe.

Informations pratiques

Comment s’y rendre ?

La station la plus proche du temple Engyo-ji est la gare d’Himeji. Si vous partez d’Osaka, empruntez le Shinkansen ou la ligne Hanshin-Sanyo. Le voyage en Shinkansen est rapide (environ 30 min), mais coûte plutôt cher, sauf si vous avez un pass JR. La ligne Hanshin-Sanyo est moins onéreuse, mais le trajet prend plus de temps (1h30).

Une fois arrivé à la gare de Himeji, embarquez dans le Shinki Bus numéro 8 en direction de Shoshazan Ropeway et descendez au dernier arrêt. De là, prenez le téléphérique pour parvenir au sommet du mont Shosha où se situe le complexe Engyo-ji. La navette part toute les 15 min. Attention, le service ne fonctionne plus au-delà de 16h, alors tâchez d’arriver tôt dans l’après-midi. Notez également la fermeture annuel du téléphérique pendant trois semaines environ durant le mois de décembre pour l’entretien technique.

Horaires et tarifs

Le temple Engyo-ji est ouvert toute l’année. Les horaires de visite sont les mêmes au printemps, en été et en automne, à partir de 8h30 jusqu’à 18h. Le complexe ferme un peu plus tard les dimanches et les jours fériés. En hiver, le domaine est accessible de 8h30 à 17h30.

Les frais d’admission se déclinent comme suit :

  • Entrée simple : 500 Yens
  • Visite spéciale (avec dégustation de repas bouddhistes et séance de méditation) : 1 000 Yens
  • Formule shukubo 2 jours : 12 000 Yens
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