Mont Nokogiri

Un point de vue "d'enfer", un temple ancien, un millier de petits Rakans (statues des disciples du Bouddha) et l’un des plus grands Daibutsu du Japon… Le mont Nokogiri, situé non loin de Tokyo, mérite pleinement une excursion d’une journée lors de votre voyage au Japon.

Histoire

Les Japonais à l’époque d’Edo ont établi une carrière dans cette montagne pour exploiter la roche tendre et de qualité provenant du tuf volcanique. Le site a approvisionné de nombreux chantiers importants à Edo, devenue plus tard Tokyo, dont le temple Yasukuni-Jinja et l’Université Waseda fondés respectivement en 1869 et en 1882. Les extractions se sont poursuivies jusqu’en 1982. Auparavant nommée Kenkon-zan, la montagne a été rebaptisée Nokogiri (Nokogiriyama), traduit par « le mont scié », en référence à la carrière qui a taillé son paysage.

Le mont Nokogiri et son temple apparaît dans une œuvre du peintre japonais Utagawa Hiroshige II (1826-1869), « Temple Nihon sur la montagne Nokogiri, province de Boshu (Awa) » issue de la série « Cent vues célèbres des différentes provinces ».

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Culminant à 329 m d’altitude au bord de la baie de Tokyo, dans la péninsule de Boso, le Nokogiriyama fait partie des trois montagnes célèbres de la préfecture de Chiba, avec les monts Ishihara et Kano. C’est une attraction populaire grâce à sa plateforme d’observation et son Bouddha géant.

Le belvédère de l’enfer du mont Nokogiri

Le mont Nokogiri se démarque des autres montagnes de la région par ses formations rocheuses hors du commun et ses falaises dentelées qui sont à l’origine de son appellation. Désormais, les anciennes pistes empruntées par les charrettes à l’époque de la carrière sont utilisées comme des sentiers de randonnée à travers la montagne. Si vous n’avez pas trop le cœur à faire l’ascension à pied, il existe un téléphérique qui conduit au sommet depuis la ville de Kanaya, sur le côté nord du mont.

Une fois sur le toit du Nokogiriyama, rendez-vous au Jigoku Nozoki, ou « belvédère de l'enfer », pour profiter d’une vue à 360 ° sur la péninsule de Boso. Par beau temps, il est possible de voir le Mont Fuji et la péninsule de Miura au loin. Le dénivelé est effrayant à ce niveau, ne vous approchez pas trop du bord. Sur place, vous trouverez des jumelles pour mieux apprécier le panorama, un restaurant, une boutique de souvenirs et divers espaces de jeux pour les petits.

Une présence divine rassurante

Les escaliers et les sentiers du mont Nokogiri abritent pléthore de sculptures. Maître Ono Jingoro et ses disciples ont au total réalisées 1 553 statues de Bouddha dans la montagne entre 1779 et 1800. Pendant l’ère Meiji, un mouvement antibouddhiste a envahi le Nokogiriyama et décapité une grande partie des statues. Certaines pièces portent encore des traces au cou.

Laissez-vous guider par les Rakans jusqu’au temple Nihon-ji dans les hauteurs, un site de l’école bouddhiste Sôdô fondé par le moine Gyoki en 725. L’un des plus grands Bouddha assis du Japon vous accueille sur place. Le Magaibutsu du Nokogiriyama mesure 31,05 m ! Officiellement appelé Yakushi Ruriko Nyorai, il représente le « Bouddha guérisseur », en référence au bol médicinal qu’il tient dans la main gauche. Dans la tradition, c’est « le lieu pur dans le monde d’une fleur de lotus », une ode à la paix et à la tranquillité. A proximité du temple, un salon de thé traditionnel vous accueille pour un moment rafraîchissant dans un décor pittoresque.

Sous le Jigoku Nozoki, la statue de Hyaku shaku Kannon, déesse de la Miséricorde, est tout aussi impressionnante. Taillée directement dans la paroi rocheuse en 1966, la sculpture honore ceux qui ont perdu la vie au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Au cœur de la nature

La forêt abrite de nombreux habitants, vous pourrez croisez en chemin des insectes mais aussi des serpents, surtout en été. Pensez à vous munir de bonnes chaussures de marche pour ne pas vous blesser.

Du côté de la flore, certaines des plus belles espèces de plantes du pays poussent dans la montagne. L’attraction la plus convoitée est un cycas du Japon datant de 800 ans. Ce serait le premier shogun de Kamakura, Minamoto no Yoritomo (1147-1199), qui les aurait plantés. A la fin de votre escapade, descendez vers le petit village de pêcheurs de Hama-Kanaya pour vous détendre dans le Nokogiriyama Kanaya Onsen, puis allez déguster des fruits de mer !

Comment s’y rendre ?

Si vous voyagez en train, la gare la plus proche est celle de Hana-Kanaya située sur la ligne JR Uchibo. Depuis Tokyo, prenez le train express spécial Sazanami. Le trajet dure environ une heure et demie. Si vous préférez le bus, rendez-vous à la gare de Tokyo ou de Shinjuku et montez dans un véhicule à destination de la ville de Kisarazu, puis empruntez une ligne locale vers Hana-Kanaya. Si vous conduisez, suivez l’autoroute à quatre voies Aqua Line jusqu’à Kisarazu, puis continuez vers le sud. Vous pouvez également arriver à Hana-Kanaya par la mer par le biais du Tokyo Wan Ferry.

Ouverture et comment visiter

Il existe différentes manières d’explorer le mont Nokogiri, chaque itinéraire présente ses points d’intérêt. Certes, la montagne n’est pas bien haute, mais les sentiers alternent les montées et les descentes, ce qui peut fatiguer les randonneurs débutants. Pour ceux qui choisissent le téléphérique au départ de Kanaya, le voyage dure à peine 5 min et coûte 930 yens l’aller-retour. Si vous conduisez, il y a une route à péage de montagne qui part de la ville. Attention, les vélos et les motos ne sont pas autorisés.

Le téléphérique du mont Nokogiri est opérationnel à partir de mi-février jusqu’à mi-novembre tous les jours de 9h à 17h. En hiver, les voyages sont clos à 16h. Séparément, il vous sera demandé des frais pour pouvoir arpenter la montagne (600 yens pour un adulte et 400 yens pour un enfant ; carte et brochure en anglais à disposition).

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