
Le musée des Kimono d’Art d’Ichiku Kubota
Le musée des Kimono d’Art d’Ichiku Kubota
Au bord du lac Kawaguchi face au mont Fuji, le musée d'Itchiku Kubota expose les kimonos qui ont fait revivre la technique disparue du Tsujigahana.
Sur les berges du lac Kawaguchi, face au mont Fuji, le musée des Kimono d'Art d'Itchiku Kubota conserve l'œuvre du maître qui consacra sa vie à ressusciter le Tsujigahana, technique de teinture disparue depuis l'époque Muromachi. Le site, salué par le Guide Vert Michelin, mêle art textile, architecture singulière et jardin composé par l'artiste lui-même.
Pourquoi visiter le musée
- Voir de près des kimonos teints selon une technique recréée après quarante ans d'expérimentations
- Admirer l'architecture éclectique : façade en calcaire et corail d'Okinawa, porte d'entrée sculptée à partir de portes de châteaux indiens, aile inspirée de Gaudí
- Parcourir un jardin de rochers, étangs et cascades dessiné par Itchiku Kubota
- Découvrir une collection rare de perles de verre Tombodama venues de Mésopotamie, dont certaines datent de 3 500 ans
- Profiter d'une vue dégagée sur le mont Fuji depuis le site
Histoire et parcours d'Itchiku Kubota
Né à Kanda, Tokyo, en 1917, Itchiku Kubota est initié à la teinture Yuzen auprès de Kobayashi Kiyoshi dès l'âge de 14 ans. Il étudie en parallèle plusieurs techniques de décoration de tissus, la peinture de paysage et le portrait dans le style japonais.
À 20 ans, il découvre une pièce de Tsujigahana au Musée national de Tokyo à Ueno. La rencontre est décisive : il consacrera les décennies suivantes à recréer ce procédé perdu. Sa carrière est interrompue par la guerre. Incarcéré en Sibérie par les Soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale, il y monte des performances de théâtre Noh avec ses codétenus pour tenir le coup, expérience qui marquera durablement son rapport à la scène et au costume.
Ce n'est qu'à 60 ans qu'il met au point une méthode aboutie, baptisée « Itchiku Tsujigahana ». Sa première exposition personnelle a lieu en 1977, suivie de présentations à Paris, New York et Londres. Il est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1990, puis nommé Commissaire aux Affaires Culturelles en 1993. Il fonde son musée à Yamanashi en 1994 et y travaille jusqu'à son décès, le 26 avril 2003, à 86 ans.
Ce que l'on voit sur place
L'architecture et le jardin
Passé la porte d'entrée principale, sculptée à partir de portes de châteaux indiens, un cheminement traverse un jardin de rochers, d'étangs et de cascades composé par Itchiku Kubota lui-même. Le bâtiment principal présente une façade en calcaire et corail d'Okinawa ; une nouvelle aile, d'inspiration gaudienne, prolonge l'ensemble. La salle d'exposition pyramidale est soutenue par des poutres en bois millénaires.
La Symphonie des lumières
Exposée par rotation, la « Symphonie des lumières » était le projet de vie d'Itchiku Kubota, conçu en hommage à la grandeur de l'Univers. La série prévoyait 80 kimonos interconnectés formant une fresque continue de l'évolution du temps et des saisons, avec le mont Fuji comme motif récurrent. Elle se divise en deux parties : « L'Univers » et « Les Quatre Saisons ».
Avant sa mort, l'artiste avait achevé 5 kimonos pour L'Univers et 29 pour l'automne et l'hiver. Son fils, sa fille et son élève principal Sakuo Miyahara poursuivent le travail au sein du studio Itchiku Kobo, à Tokyo.
Perles de Mésopotamie, scène de Noh et salon de thé
Dans la nouvelle aile, une collection de perles de verre Tombodama provenant de Mésopotamie est présentée ; certaines pièces datent de 3 500 ans. Une scène de Noh a été aménagée dans le musée, en écho à la passion de Kubota pour cet art. Des spectacles y sont donnés chaque année, les acteurs portant ses kimonos en guise de costumes.
Le salon de thé, installé dans l'ancien atelier de l'artiste, donne sur la cascade Ryumon du jardin. Une boutique propose foulards, sacs et accessoires réalisés selon la technique Tsujigahana.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1 h 30 à 2 h 30 pour parcourir les salles, le jardin et le salon de thé
- Tarifs : billet d'entrée modéré, tarifs réduits pour enfants et groupes ; supplément pour la collection de verre
- Horaires : ouverture en journée, fermeture hebdomadaire le mardi, plage horaire élargie d'avril à novembre
- À vérifier avant la visite : calendrier des rotations de la « Symphonie des lumières » et dates des représentations de Noh sur le site officiel
Quand y aller
Le site se visite toute l'année, mais chaque saison offre une lecture différente du jardin. L'automne (mi-octobre à mi-novembre) reste la période la plus photogénique : le feuillage des érables s'embrase et compose un contraste intense avec la pierre claire du musée. Le printemps, avec la floraison autour du lac Kawaguchi, et l'hiver, lorsque le mont Fuji est enneigé et la lumière limpide, sont également des fenêtres favorables. L'été, plus humide, voit affluer les visiteurs venus chercher la fraîcheur des hauteurs.
Comment s'y rendre
Le musée se situe dans la préfecture de Yamanashi, en bordure du lac Kawaguchi.
- En train depuis Tokyo : de la gare de Shinjuku, prendre la JR Chuo Line jusqu'à Otsuki, puis la ligne privée Fuji Kyuko (le JR Pass ne couvre pas cette portion) jusqu'à la gare de Kawaguchiko. Le train express Fujisan Tokkyu relie Otsuki à Kawaguchiko en 45 minutes environ.
- En bus : liaisons directes depuis Shinjuku, ainsi que depuis les gares JR de Mishima (≈ 1 h 30) et Shin-Fuji (≈ 2 h 15), toutes deux sur la JR Tokaido Shinkansen Line.
- De Kawaguchiko au musée : emprunter le Retro Bus de Kawaguchiko (ligne touristique faisant le tour du lac) ou un taxi.
À proximité
- Lac Kawaguchi : croisière, téléphérique du Kachi Kachi, sanctuaires en bord de lac
- Mont Fuji : points de vue, sentiers de randonnée selon la saison
- Route historique du Nakasendo pour prolonger l'itinéraire vers les anciennes villes-étapes
- Mont Tsukuba pour une autre montagne emblématique au nord de Tokyo
Questions fréquentes
Questions fréquentes
C'est une technique de teinture japonaise apparue à l'époque Muromachi puis disparue. Itchiku Kubota en a recréé une version personnelle après plusieurs décennies de recherches, qu'il a baptisée « Itchiku Tsujigahana ».
Non. Les pièces sont exposées par rotation. La série complète prévoyait 80 kimonos ; 5 ont été achevés pour la partie « L'Univers » et 29 pour l'automne et l'hiver avant la mort de l'artiste, son atelier poursuivant le travail.
Partiellement. Le JR Pass couvre la portion JR jusqu'à Otsuki, mais pas la ligne privée Fuji Kyuko entre Otsuki et Kawaguchiko, qui doit être payée séparément.
Comptez en moyenne 1 h 30 à 2 h 30 pour parcourir les salles d'exposition, le jardin, la scène de Noh et le salon de thé.
L'automne, pour les couleurs du jardin, et l'hiver, pour la clarté du ciel et la vue sur le mont Fuji enneigé, sont particulièrement appréciés.
Prolonger l'expérience
Le musée s'inscrit naturellement dans un itinéraire combinant la région des Cinq Lacs du Fuji, Tokyo et les anciennes routes de montagne. Pour construire un voyage sur mesure incluant cette étape, consultez nos circuits au Japon.
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