Le mont Kurama, Kyoto

Le mont Kurama, Kyoto

Le mont Kurama, Kyoto

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Au nord de Kyoto, le mont Kurama réunit un temple millénaire, un sanctuaire shintō, une randonnée forestière jusqu'à Kibune et un onsen sulfureux.

Le mont Kurama s'élève au nord de Kyoto et concentre, sur ses pentes boisées, un temple bouddhique millénaire, un sanctuaire shintō ancien, des sentiers de randonnée et une source thermale. Montagne sacrée associée au shugendō, à la légende des tengu et à la naissance du reiki, elle se visite en une demi-journée depuis le centre de Kyoto.

Pourquoi visiter le mont Kurama

Kurama réunit en un seul site plusieurs facettes du Japon spirituel et naturel : un complexe religieux ancien, des cèdres centenaires, une randonnée forestière reliant deux villages, et un onsen sulfureux. La montagne reste à l'écart des grands flux touristiques de Kyoto, ce qui en fait une excursion appréciée pour qui souhaite alterner avec les temples du centre-ville.

Le site se prête autant à une démarche contemplative qu'à une marche soutenue. Comptez 3 à 5 heures sur place selon que vous empruntez le funiculaire ou le sentier pédestre, et que vous prolongez ou non jusqu'au village voisin de Kibune.

Histoire et légendes

Le temple Kurama-dera a été fondé en 770. La montagne était l'un des hauts lieux de pratique du shugendō, tradition ascétique mêlant bouddhisme ésotérique, shintoïsme et croyances montagnardes. Cette identité religieuse a forgé l'aura du site jusqu'à aujourd'hui.

Kurama est aussi liée à la figure d'Ushiwakamaru, devenu plus tard Minamoto no Yoshitsune, l'un des samouraïs les plus célèbres de l'histoire japonaise. Selon la légende, il s'y entraînait au sabre sous la tutelle de Sōjōbō, le roi des tengu, créatures ailées au long nez de la mythologie japonaise.

Le berceau du reiki

Kurama est considérée comme le lieu de naissance du reiki, méthode de soin par imposition des mains. Mikao Usui, son fondateur, y aurait reçu l'énergie de guérison en 1922, après vingt-et-un jours de méditation et de jeûne sur la montagne. La pratique s'est ensuite diffusée au Japon puis à l'international.

Que voir sur le mont Kurama

La statue de tengu

À la sortie de la gare de Kurama, une grande statue de tengu au long nez accueille les visiteurs. L'œuvre actuelle a été installée en 2019, après que la précédente s'est fendu le nez sous le poids de la neige. Elle rappelle d'emblée le lien de la montagne avec ces figures mythologiques.

La porte Niomon et l'ascension

Le sentier débute à la porte Niomon, à quelques minutes de la gare. Il monte à travers la forêt sur un parcours d'environ une heure jusqu'au temple principal, ponctué d'escaliers, de petits ponts et de lanternes de pierre. Un funiculaire assure une partie de la montée pour qui souhaite raccourcir l'effort, moyennant un tarif modique.

Le sanctuaire Yuki-jinja

Établi à l'origine au centre de Kyoto, le Yuki-jinja a été déplacé sur Kurama en 940 pour protéger la région du mal. Plusieurs de ses structures actuelles datent de la période Momoyama (1568-1598).

L'élément le plus remarquable du sanctuaire est un cèdre âgé de plus de 800 ans et culminant à 53 mètres. Les fidèles le considèrent comme un yorishiro, c'est-à-dire un objet ou élément naturel servant de réceptacle aux kami, les divinités shintō.

Le temple Kurama-dera

Bâti à flanc de montagne, le temple offre depuis sa terrasse principale une vue dégagée sur la vallée et les forêts de cèdres environnantes. Il abrite plusieurs statues bouddhiques classées trésors nationaux, ayant traversé les siècles malgré les incendies successifs ; les pièces présentées au public sont fréquemment des répliques, les originaux étant conservés en réserve.

Près du sommet se trouve le Sekurabe Ishi, pierre sacrée associée à des récits miraculeux. Plus loin, l'Okunoin Mao-den marque l'endroit où Mao-son, figure protectrice associée aux esprits de la terre, serait descendu sur Terre. C'est l'un des points les plus chargés spirituellement de la montagne.

La descente vers Kibune

Depuis Kurama-dera, un sentier descend vers le village de Kibune, sur le versant opposé, en environ une heure de marche au milieu des cèdres. Kibune est connu pour son sanctuaire dédié au dieu de l'eau, ses oracles, et, en été, l'expérience du nagashi sōmen : des nouilles que l'on attrape avec ses baguettes alors qu'elles défilent dans un toboggan de bambou alimenté par l'eau de source.

Kurama Onsen

À une dizaine de minutes à pied de la gare, Kurama Onsen propose des bains extérieurs (rotenburo) tournés vers la montagne et la rivière. L'eau, naturellement riche en soufre, est réputée pour ses propriétés anti-inflammatoires. L'établissement comprend également un ryokan pour qui souhaite prolonger l'étape.

Le festival du feu

Chaque 22 octobre, le Kurama no Hi Matsuri rend hommage au déplacement du Yuki-jinja sur la montagne. Plus de 250 torches en pin sont portées par les habitants en tenue traditionnelle à travers le village, jusqu'au sanctuaire. C'est l'un des festivals les plus suivis de la région de Kyoto, et l'une des rares occasions de voir le village dans son ensemble investi par la cérémonie. La spécialité locale, le yudofu (tofu mijoté dans un bouillon léger), est servie sur les stands.

Infos pratiques

  • Durée de visite : comptez une demi-journée pour le temple et l'onsen, une journée si vous prolongez jusqu'à Kibune.
  • Funiculaire : disponible pour raccourcir la montée, tarif modique.
  • Tenue : chaussures de marche recommandées, le sentier est forestier et peut être glissant après la pluie.
  • Onsen : tarif modéré pour l'accès aux bains extérieurs ; serviettes en location sur place.

Quand y aller

Le mont Kurama se visite toute l'année, chaque saison ayant ses caractéristiques :

  • Printemps (avril-mai) : verdure tendre et températures douces, sans la foule des sites cerisiers du centre de Kyoto.
  • Été (juin-août) : la forêt et la rivière apportent de la fraîcheur ; c'est aussi la saison du nagashi sōmen à Kibune. Les journées peuvent toutefois être chaudes et humides.
  • Automne (octobre-novembre) : les érables prennent leurs couleurs et le festival du feu se tient le 22 octobre. C'est la période la plus fréquentée.
  • Hiver : ambiance silencieuse et parfois enneigée, mais sentiers plus exigeants.

Aux alentours

Le village de Kibune, sur le versant opposé, prolonge naturellement la visite. Pour qui souhaite poursuivre l'exploration des montagnes sacrées de Kyoto, le mont Hiei et son complexe monastique d'Enryaku-ji se trouvent à l'est de la ville. Plus loin dans le pays, le mont Kōya offre une autre approche du bouddhisme japonais en immersion monastique, tandis que le mont Tsukuba, près de Tokyo, présente un autre exemple de montagne vénérée.

Comment s'y rendre

Depuis le centre de Kyoto, le moyen le plus simple est la ligne Eizan au départ de la station Demachiyanagi, jusqu'au terminus de Kurama. Le trajet dure environ trente minutes et traverse une vallée boisée. Certaines rames panoramiques offrent de larges baies vitrées sur la forêt.

En alternative, la ligne de métro Karasuma jusqu'à Kokusai-Kaikan, puis un bus en direction de Kurama Onsen, permet de rejoindre le site. La voiture est possible mais le stationnement reste limité au village.

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