Les onsen, sources thermales japonaises

Pour les Nippons, un onsen est un art de vivre et un antidote au stress. Cette pratique délassante de la relaxation, les touristes en raffolent aussi. En groupe ou en solo, on plonge sans retenue dans le bain thermal et on profite pleinement des quinze minutes au chaud et au calme. Certains onsens nous priment de vues sublimes. L’eau des sources volcaniques apportent alors ses bienfaits thérapeutiques. A la fin on se sent revigoré, prêt à reprendre de plus belle le voyage au Japon.

Histoire

On dit que les sources chaudes possédaient autrefois leurs propres « kamis », les divinités japonaises. Les premiers peuples de l’archipel auraient érigé leurs villages autour des bassins, qui attiraient également le gibier par leur richesse en minéraux. Le Nihongi (an 720) mentionne l’Arima onsen, fondé en 631 dans la préfecture de Hyōgo, comme la première source thermale du Japon. Le Dôgo onsen, à Matsuyama, fait aussi partie des plus vieux.

Longtemps réservés aux rituels sacrés, les onsens ont commencé à être utilisés dans un but thérapeutique à l’ère Kamakura (1185-1333). Les moines pratiquaient des rituels de purification shintoïste dans les temples, tandis que les seigneurs, durant les guerres à l’époque Sengoku (1477-1573), y trouvaient le repos entre les combats.

A l’ère Edo (1603-1868), des centres de thermalisme se sont peu à peu formés autour des sources chaudes. Les Japonais y venaient au début pour des cures de longue durée, mais les touristes n’ont pas tardé à réserver des séjours d’une ou deux nuits. La pratique des onsens est alors devenue une part entière de la culture japonaise… Plusieurs villes se sont fait connaître grâce à la qualité de leurs eaux thermales. Hakone par exemple se targue de ses bains chauds depuis le VIIIe siècle.

Découvrir les onsens

Les onsens, tout comme les sushis, font partie des grandes bases de la culture nippone. Éparpillés dans les forêts et dans les montagnes, sur les côtes, dans les villes et dans les villages de campagne, ils sont plus de 3 000 à assouvir les envies de détente des millions de Japonais et de touristes chaque année. Rideau sur ces petits paradis fumants au pays du soleil levant.

Les onsens les mieux notés

A Matsuyama, sur l'île de Shikoku, les sources chaudes du Dôgo onsen réconfortent les baigneurs depuis le VIIIe siècle. La famille impériale connaît bien l’endroit. Fondé à la fin du XIXe siècle, le bâtiment en bois qui abrite les bassins a inspiré Hayao Miyazaki pour son œuvre « Le Voyage de Chihiro ». Au nord-ouest de Tokyo, Kusatsu onsen à 1 200 d’altitude jouit du plus important débit d’eau chaude au Japon grâce aux nombreuses sources volcaniques disséminées dans les montagnes de Gunma. Le week-end, beaucoup de Tokyoïtes font le trajet pour se ressourcer dans le Yabatake.

Sur l’île de Kyushu, le Beppu onsen forme le plus grand complexe de sources thermales au Japon. La ville est fumante avec la vapeur éternelle qui s’échappe des égouts, des onsens et des ryokans jalonnant les ruelles. Enfin, vous avez le Gero onsen dans la préfecture de Gifu, dont le poète Hayashi Razan, à l’ère Edo, a fait l’éloge.

Les rotenburos, les bains chauds à ciel ouvert

S’il n’y a aucun « mauvais » onsen au Japon, l’endroit et les vues font la différence. Les onsens en plein air, appelés rotenburos, sont particulièrement prisés pour se relaxer au chaud tout en contemplant le paysage. Dans la ville de Shirahama, le Saki-no-yu onsen borde l’océan Pacifique, admirez la danse des vagues qui se fracassent à proximité. A la station thermale de Kawayu dans les monts Kii, les plaisanciers prennent leur bain à même la rivière Oto, au cœur d’une colline de pins. Dans la péninsule de Kii, le rotenburo de Katsuura côtoie les criques turquoise.

Pour les fans du mont Fuji, le Hottarakashi onsen, qui dispose de deux bains thermaux, donne une splendide vue sur le plus haut sommet du Japon et la vallée de Kofu. Tamatebako, au sud de la préfecture de Kagoshima, possède également deux rotenburos, l’un avec une perspective sur la mer et le mont Kaimon, l’autre laisse voir le rocher de Takeyama. A Takaragawa, il y a quatre rotenburos confortablement installés sur les berges d’une rivière de montagne. Puis, notez-le Furô onsen, non loin de Shirakami-Sanchi, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sachez-le, les hommes ne sont pas les seuls à aimer se prélasser dans les eaux volcaniques. Dans le parc naturel de Jigokudani, au cœur des Alpes japonaises, les macaques nippons eux également apprécient les bains chauds.

Conseils pratiques

Les onsens et les bains publics ne sont pas destinés à la toilette. Vous devez vous doucher avant de pénétrer nu(e) dans les eaux chaudes sulfureuses ou claires. Certains bassins sont gratuits, les mieux équipés sont payants. Chaque établissement dispose d’un vestiaire où ranger vos effets personnels et d’un espace douche pour vous laver. Vous pouvez généralement louer une serviette sur place.

Les onsens existent sous différentes formes : onsens intérieurs ou rotenburos, mixtes ou séparés pour les hommes et les femmes, privés ou publics. Ils se différencient par leur teneur en minéraux. Les bassins les plus connus appartiennent en majorité aux Ryokans, les auberges traditionnelles japonaises. Ne confondez pas les onsens et les sentôs dont l’eau provient du robinet.

Restrictions sur les tatouages

Bon nombre d’onsens et de sentôs n’admettent pas les tatouages, ceux-ci étant considérés comme l’apanage des yakuzas. On applique scrupuleusement cette disposition partout dans le pays et c’est valable pour les touristes. Vous pouvez toujours essayer de cacher un petit tatouage par un pansement adhésif, mais la meilleure chose à faire est de solliciter les responsables de l’onsen pour voir si une exception est possible. Demandez-leur : « Irezumi wa daijōbu desu ka » (les tatouages sont-ils autorisés ?). Beaucoup de centre thermal et onsens sont désormais conciliant à ce sujet envers les étrangers. Si un onsen vous refuse l’entrée, vous en trouverez un autre qui acceptera.

Tarifs

Certains des meilleurs onsens du Japon sont accessibles gratuitement. Vous n’avez qu’à emmener votre serviette, ôter vos vêtements, faire une petite toilette, puis, plouf, jetez-vous à l’eau. Pour les stations payantes, le tarif reste abordable, 500 yens en moyenne. Les onsens les plus luxueux peuvent facturer l’entrée à 4 000 yens.

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