Mont Kōya

Une certaine mélancolie s’empare facilement de vous lorsque vous vous baladez dans le cimetière, les temples ou les jardins du mont Koya. Capitale du bouddhisme Shingon, la montagne est un haut-lieu de pèlerinage où l’on honore le moine Kobo Daishi. Préparez-vous à un plongeon dans un monde empreint d’histoire et de magie.

Histoire

La montagne se situe sur la péninsule de Kii, dans la préfecture de Wakayama à une centaine de kilomètres au sud d’Osaka. En 804, le moine Kukai, aussi connu sous le nom de Kobo Daishi, partit en Chine où il étudia pendant deux ans le bouddhisme ésotérique Shingon, alors inconnu au Japon. Lorsqu’il décida de retourner au pays en 806, la légende rapporte que Kukai lança son sanko depuis les côtes de Mingzhou pour déterminer le lieu où il instaurerait son temple. Le sanko se ficha dans un pin du mont Koya. Trouvant l’endroit propice à la méditation, il s’y établit et y consacra toute sa vie à l’enseignement du bouddhisme Shingon. Décédé en 835, on dit qu’il repose au sein d’un mausolée niché dans les bois de la montagne, dans une méditation éternelle…

Le mont Koya, avec Kumano Sanzan et Yoshino-Omine, est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO sous la dénomination « Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii ».

Découvrir le mont Koya

Le voyage vers le mont Koya demande de la volonté et de la patience, mais l’endroit sait se montrer gratifiant vis-à-vis de ses visiteurs. En partant d’Osaka, le train régional vers le mont Koya traverse des paysages bucoliques. A mesure de sa progression, les habitations s’éclipsent peu à peu, laissant place à un manteau boisé dans les collines. Peu de passagers iront jusqu’au terminus, à la base de la montagne. Le funiculaire vous attend sur place. Là, oubliez le reste du monde, embarquez et laissez la machine vous transporter jusqu’au village monacale. Vous n’êtes pas encore arrivé à destination, il reste quelques kilomètres sacrés, ne pouvant être faits à pied, seulement en bus.

Franchissez la porte Daimon

C’est la porte d’entrée du site sacré du mont Koya. Le monument a ses origines au XIe siècle, mais l’édifice actuel, haut de 25 m, date de 1705. Admirez les charpentes gravées aux tonalités vermillon, puis rendez hommage aux Niō, les deux grandes statues qui se dressent des deux côtés du portail comme les grands gardiens du lieu.

Explorez le plus grand cimetière du Japon

L’attraction principale au mont Koya est le cimetière Okuno-in. Le site conglomère plus de 200 000 tombes bouddhistes et shintoïstes. Promenez-vous le long des allées, en faisant une halte de temps en temps devant les tombes moussues. L’ambiance est mystique, émouvante et reposante. Des pics verts errent dans les parages, tendez l’oreille pour entendre leurs coups de becs dans les cèdres géants. Si vous aimez prendre des photos, vous serez pleinement dans votre élément. Au bout d’un long chemin de pierre, vous découvrirez le mausolée de Kobo Daishi.

Visitez le temple Kongobu-ji, siège du bouddhisme Shingon

Pour 500 yens l’entrée, vous aurez accès au quartier général du bouddhisme Shingon, le Kongobu-ji dont le nom se traduit par « Temple de la Montagne du Diamant ». C’est le temple principal du mont Koya, un lieu hautement sacré qui accueille chaque année plus d’un million de pèlerins. Les visiteurs ne peuvent pas entrer dans la salle principale, sauf pour des occasions spéciales comme lors des festivités du solstice d’hiver ou de la commémoration de l’anniversaire de Sakyamuni, dit le Bouddha, le 8 avril. Toutefois, les œuvres sur fusuma (portes coulissantes), le grand jardin de pierre et de sable Banryūtei (2 000 m²) et le jardin botanique suffisent amplement pour s’émerveiller.

Découvrez le Danjo Garan, noyau de la cité monacale de Koya

Lorsque Kukai fonda son monastère au mont Koya, le Danjo Garan fit partie des premiers complexes construits. Kukai lui-même participa à l’aménagement du sol et à l’édification des pavillons et des tours. Le site se compose d’une vingtaine de temples et bâtiments, dont la pagode Konpon Daito qui abrite le Dainichi Nyorai (Bouddha cosmique), et le hall Kondo où se tiennent les principales cérémonies religieuses. Au sud du complexe, le Musée Reihôkan, ouvert en 1921, garde les mille et un trésors de la ville monacale.

Passez un séjour chez les moines

Profitez de votre voyage au mont Koya pour vous initier au shukubo, c’est-à-dire « dormir chez les moines ». Parmi la centaine de temples, plusieurs proposent l’hébergement et le couvert aux pèlerins comme aux touristes. Le shukubo permet de découvrir de nombreux aspects de la vie quotidienne des moines, notamment la cuisine végétarienne traditionnelle appelée shojin ryori. Certains établissements autorisent l’accès à leur onsen pour apaiser votre corps et votre esprit. Les chambres sont agencées dans le pur style traditionnel japonais, avec peu de mobilier et un sol de tatamis. Certains logements sont équipés d’une télévision et d’un téléphone. Après une nuit reposante, vous serez invité à assister aux séances de prière matinales pour vous imprégner pleinement dans le monde du bouddhisme Shingon. Le tarif d’un shukubo varie de 10 000 à 15 000 yens selon la chambre et ses avantages.

Comment s’y rendre ?

Pour rejoindre le mont Koya, le trajet commun consiste à prendre le train depuis l’une des gares principales de la Nankai à Osaka : Tengachaya, Namba ou Shin-Imamiya. Vous descendez à Hashimoto, puis embarquez dans un autre train à destination de Gokurabashi, au pied de la montagne. Là, empruntez le téléphérique pour arriver au sommet, puis prenez un bus jusqu’à l’entrée principale du site. Pour rappel, il est interdit de marcher sur la route sacrée. Depuis la gare de Namba, l’ensemble du trajet dure environ 2h30.

Vous pouvez vous procurez un pass aller-retour aux stations de Namba, Tengachaya ou Shin Imamiya, qui couvrira tous les déplacements en train, le téléphérique et le bus pour deux jours consécutifs. Cette offre coûte à peu près 2 900 yens.

Quand visiter le mont Koya ?

Tous les moments sont bons pour visiter le mont Koya. Si vous aimez les journées chaudes, planifiez votre voyage à la fin du printemps ou en été. En automne, le paysage flamboie, ce qui plaira bien aux amoureux de photo. En hiver, si vous supportez le froid, la neige souligne la magie du lieu.

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